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Good Neighbors Chad renforce l’autonomie des familles grâce à un système de transmission de chèvres

Il y a deux ans, Good Neighbors Tchad a lancé dans les localités de Mandélia et d’Ali Garga un projet d’activités génératrices de revenus fondé sur l’élevage de petits ruminants. L’idée tenait en trois volets : former les bénéficiaires aux techniques d’élevage des chèvres et des moutons, leur fournir les médicaments nécessaires aux soins des animaux, et leur confier un cheptel de départ à élever pendant deux ans à charge pour eux de rembourser le même nombre d’animaux à l’issue de la période, afin que d’autres familles vulnérables en bénéficient à leur tour.

Dix personnes ont été retenues, réparties en deux groupements de cinq membres : celui de Mandélia, composé de trois femmes et deux hommes, et celui d’Ali Garga, composé d’une femme et de quatre hommes. Chaque membre a reçu six chèvres, quatre femelles et deux mâles. La sélection s’est faite selon des critères de vulnérabilité définis avec les membres du Comité de développement communautaire, à l’issue de discussions de groupe.

Le point de départ en dit long sur le besoin. Avant le projet, un seul membre sur dix possédait son propre bétail. Les neuf autres se contentaient de garder les animaux d’autrui dans les villages voisins.

Ce qu’en disent les bénéficiaires

Les enquêtes menées après la mise en œuvre et les formations donnent des résultats nets. Quatre-vingt-dix pour cent des bénéficiaires estiment que le programme a répondu à leurs attentes. Quatre-vingt-quinze pour cent déclarent avoir acquis des connaissances sur les activités génératrices de revenus et sur l’importance de la durabilité du projet, y compris les gestes concrets du métier : reconnaître un animal malade, savoir quels médicaments administrer, assurer un bon traitement du troupeau.

Le niveau de satisfaction et de résultats atteints, qui se situait à 10 % avant le projet, est monté à 60 % après la distribution du bétail. La remise s’est déroulée en présence des responsables locaux et des membres du CDC, gage de transparence et condition d’un suivi efficace.

Bourkaou, d’un troupeau de six à douze têtes

Bourkaou est père de cinq enfants. Il vit à Ali Garga, une zone aux terres arides longtemps délaissée par les projets de développement. Avant, il ne comptait que sur l’agriculture des trois mois de la saison des pluies et il arrivait que les inondations emportent ses cultures, le laissant sans ressource pour le reste de l’année.

Je perdais parfois espoir, car personne ne pouvait soutenir ma famille et je n’arrivais même pas à satisfaire nos besoins fondamentaux. 

Lorsque l’équipe de Good Neighbors Tchad a présenté le programme aux membres du CDC, Bourkaou a été le premier à manifester son intérêt. Retenu au terme des critères de sélection, il a reçu six chèvres. En l’espace d’un an, son cheptel est passé de six à douze têtes.

Le projet se prolonge par lui-même

Prévu de 2023 à 2025, le projet a été prolongé jusqu’en fin 2026 pour permettre le remboursement en nature. En juillet 2026, le groupement d’Ali Garga a rendu ses chèvres. Quatre nouveaux bénéficiaires, trois hommes et une femme les ont reçues le jour même.

C’est tout l’intérêt du mécanisme : le cheptel ne s’arrête pas à la première famille. Il circule.